BETTE MARITIME

 

Un légume ancien du littoral :

La BETTE MARITIME

La bette maritime au mois de mai, avant la formation des hampes florales

(Copyright : Les Jardins de Pomone)

Il y a quelques années déjà, toujours à la recherche de légumes improbables ou méconnus à cultiver dans notre potager, Anne et moi avions découvert cet étrange légume à deux pas de la dune de Pilat, dans les Landes. En la découvrant, je savais que la bette maritime était considérée comme l’ancêtre botanique probable de la plupart des bettes (ou blettes, ou poirées) et je me suis empressé d’en récolter quelques graines avec l’intention  de la cultiver dans mon terroir brabançon.

Comme nous n’avions jamais eu l’occasion d’en manger, mon intention était évidemment de réaliser très rapidement un semis, chez nous en Belgique, dans un emplacement du jardin ou le sol aurait été préparé de la même manière que pour la culture de la salsole soude, de la mertensie (plante au goût d’huître) et du crambé maritime (chou marin). En tout état de cause, nous aurions dû attendre plusieurs mois avant de pouvoir l’utiliser comme ingrédient dans une recette culinaire.

La dune du Pyla (ou de Pilat), au sud de la baie d’Arcachon est un site naturel impressionnant. Modulée au gré des vents, elle culmine à plus de 100 mètres face à l’océan, à la sortie de la baie d’Arcachon. Son ascension n’est pas nécessairement une sinécure.

L’aspect visuel de la plante nous avait paru assez rude et nous imaginions que la structure devait probablement être fibreuse et coriace. Eh bien non, pas du tout ! Et il ne nous a pas fallu longtemps pour le découvrir. Le soir-même, à la terrasse d’un petit restaurant sur les quais du vieux port de La Rochelle, nous avons pu déguster un plat de poisson préparé avec de la bette maritime. Selon le chef, il s’agissait d’une spécialité de Charente-Maritime préparée avec des « joues de lotte enroulées dans de grandes feuilles de bette accompagnées d’un jus de moules de bouchot préparées au vin blanc et à l’échalote« .

 Sans hésiter, notre choix s’est porté sur ce plat de la carte, du reste le seul  annoncé avec de la bette du littoral comme ingrédient. Et le légume nous a plu, vraiment … et la recette encore davantage.

Depuis ce souvenir gastronomique, Anne a préparé différents poissons en « habit vert« , et à chaque fois, nous avons fort apprécié avec nos invités..

Le vieux port de La Rochelle : sur les quais et dans les rues avoisinantes, une multitude de petits restaurants proposent une cuisine qui conjugue savoir-faire et tradition, principalement avec des plats mettant la marée à l’honneur.

(Photo de Rémi Jouan, sous licence libre Wikimedia Commons)

La bette maritime appartient à la famille botanique des chénopodiacées. Son nom scientifique le plus usité est Beta vulgaris subsp. maritima (L.) Arcang. mais elle est décrite aussi sous le nom de Beta perennis (L.) Freyn.

C’est une PLANTE VIVACE dont la taille est assez variable, généralement entre 30 et 80 cm de haut lorsqu’elle a développé ses hampes florales. Un partie des tiges seulement ont un port érigé. Les autres tiges sont souples et courbées vers le sol, sur lequel elles rampent volontiers, pouvant couvrir alors une surface appréciable. Je suppose que ce port singulier permet à la plante de retenir le sable dans lequel elle est enracinée lorsque celui-ci est sec et se laisserait rapidement emporter par le vent.

L’aire de répartition de la bette maritime est importante. Elle inclut bien sûr les régions littorales de l’Europe tempérée, de l’Afrique du Nord, de l’Asie occidentale et méridionale. La bette maritime est aussi très présente dans l »archipel de Macaronésie« , un terme géographique méconnu qui regroupe génériquement plusieurs autres archipels de l’Océan atlantique (Açores, CanariesCap-vertMadère).

En dehors de cette aire, la bette est très rarement adventice. Si elle peut être introduite fortuitement et sporadiquement dans des zones inattendues, elle n’y persistera que peu de temps. C’est cette caractéristique qui désole un peu le jardinier brabançon gourmand que je suis, parce qu’elle limite mes possibilités de cultiver cette bette extraordinaire avec une réelle pérennité.

Les FLEURS nombreuses de la bette maritime sont très petites et discrètes. Regroupées en épis allongés peu serrés,  elles apparaissent de juin à septembre, pour se transformer en graines de type glomérules. Personne ne semble jamais avoir pensé que lorsqu’elles sont encore vertes et immatures, elles pourraient servir de condiment. Cela vaudrait certainement l’expérience !

Les FEUILLES de la bette maritime ont une saveur à la fois légèrement acidulée et sucrée, qui nous rappelle que cette sauvageonne est l’ancêtre botanique le plus probable de la betterave sucrière. Au printemps, lorsqu’elles sont jeunes, elles donnent un ingrédient original pleine de douceur pour vos salades. Tendres et fondantes, elles sont très appréciées pour leur goût,  même par la plupart des enfants. Lorsqu’elles deviennent plus âgées et moins tendres, il est préférable de les cuire, par exemple en soupe,  en potée,  « façon épinard« , à l’embeurrée, en « purée verte » (génialement bon !) ou de les blanchir avant de les utiliser comme « habit vert » avec le poisson ou en composition de lasagnes au four (cuisson : 35 min. à 180°C.) en alternant les couches de béchamel, de feuilles de bette et de fromage rapé.  Ces mêmes feuilles permettent encore de préparer d’excellentes tartes salées ou sucrées.

La RACINE principale de la bette maritime est assez charnue pour être consommée. Après 3-4 ans, elle peut même atteindre plusieurs kilos, mais c’est alors un ingrédient assez rude et il vaut mieux la récolter à l’automne de la seconde année. Sa chair est blanche et légèrement sucrée, pour autant qu’elle soit consommée bien fraîche. Soigneusement préparée, c’est alors un ingrédient sublime. (Mais autant vous prévenir, après quelques jours, ce n’est plus bon du tout, pour ne pas dire franchement dégueu … )

Sur le plan des VERTUS NUTRITIVES, la bette maritine est spécialement appréciable pour sa richesse en calcium, en fer, en magnésium, en sodium et en potassium. C’est une bonne source de vitamines A, B1, B2, C et PP. Ses propriétés rafraîchissantes, émollientes et laxatives sont très appréciées; aussi son action anti-inflammatoire au niveau du système urinaire.  Elle contient de l’iode, utile pour le bon fonctionnement de la thyroïde et de la bétaïne. Cette bétaïne (ou mieux, triméthylglycine) est un composé quaternaire d’ammonium qui aurait la propriété de régénérer les cellules du foie et favoriserait le bon métabolisme des matières grasses de notre alimentation.  Cette substance, qui n’est pas a proprement parler un alcaloïde, est fort en vogue dans certains produits phytothérapeutiques promettant le maintien ou le retour d’un « ventre plat« . Généralement et simplement bon pour la ligne donc ?!

Votre bien chlorophyllement dévoué,

José

La bette maritime au mois de juillet  dans notre potager « t’Kapelleke » : elle résiste plutôt bien à la sécheresse. Qui croirait que ce fouillis végétal de feuilles, d’hampes florales, de tiges rampantes et enchevêtrées, de glomérules en épis lâches … est un légume qui sort de l’ordinaire et mérite une place d’honneur en gastronomie?

(Copyright : Les Jardins de Pomone)

Légumes exotiques : la BRÈDE MAFANE

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Dans le language créole joyeux et coloré des îles de l’Océan indien, le mot « brède » a un sens générique, puisqu’il désigne un nombre important de légumes-feuilles pourtant fort différents les uns des autres.

C’est ainsi par exemple que dans la cuisine créole, les brèdes peuvent être aussi bien les feuilles comestibles du liseron d’eau, que celles du manioc, de la patate douce, du taro  ou du chou chinois pe-tsaï …  Bref, le mot brède utilisé seul est très imprécis et, pour s’y retrouver, il convient de lui adjoindre un autre nom comme : brède martin, brède chouchou, brède paille-à-terre, brède mam’zelle, brède songe ou encore …  brède mafane !

Dans notre culture occidentale, le terme brède a pris – sans doute indûment – un sens plus restrictif, et lorsque nos jardiniers utilisent ce mot, c’est généralement de la « brède mafane » dont ils parlent. Ce légume est aussi appelé en Europe cresson de Para, cresson de Madagascar ou plus rarement spilanthe des jardins.

La brède mafane est une plante condimentaire dont l’origine botanique se situe dans les zones tropicales de l’Amérique du Sud, plus précisément du Brésil. Mais c’est aujourd’hui dans les îles de l’Océan indien qu’on la cultive et la consomme le plus. Et à Madagascar notamment – très loin de son berceau brésilien -, la brède mafane est le légume par excellence, celui sans lequel le ROMAZAVA – ce plat national fameux que beaucoup de touristes apprécient autant que les autochtones – n’existerait pas.

Spécifiquement malgache, le Romazava est un pot-au-feu préparé avec des dés de viande de zébu et de la brède mafane. Selon les régions de l’immense « île rouge« , la recette du Romazava peut varier assez sensiblement, mais la brède figurera toujours parmi les ingrédients.

Pour expliquer une aire de dispersion aussi large, il faut tenir compte de l’intensité de la navigation commerciale à voile jusqu’à la fin du 19ème siècle. Seul mode de navigation à gros tonnage compatible avec les ambitions des puissances maritimes occidentales (Angleterre, France, Hollande, Portugal …), elle assurait un lien indispensable entre les comptoirs, concessions, colonies et protectorats que chaque grande puissance européenne dotée d’une flotte – et de canons ! – se devait de développer tous azimuts pour s’enrichir et augmenter sa puissance. Des équipages nombreux étaient ainsi embarqués sur des navires, isolés pendant de longues semaines, voire de longs mois, traversant les mers et les océans avec de rares escales, affrontant les flots, les corsaires, les pirates … mais aussi la promiscuité et ses conditions d’hygiène déplorables, le rationnement en eau douce et la rareté de nourriture fraîche. Dans de telles conditions, le scorbut – cette terrible maladie de carence en vitamine C –  pouvait décimer les équipages en un temps record. Les marins les plus robustes pouvaient se trouver atteints en peu de temps, éprouver des douleurs osseuses atroces, sentir leurs dents se déchausser et avoir les gencives envahies d’abcès suintants et nauséabonds. Et dans une phase finale, totalement anémiés à défaut d’alimentation adéquate, ils succombaient à des hémorragies multiples.

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Les autorités de la Marine ont très tôt essayé de maîtriser le scorbut, dont les ravages lors des traversées au long cours étaient de nature à ruiner les entreprises militaires et marchandes. En 1604 notamment – soit plus de trois siècles avant que le concept et le mot « vitamines » n’entrent dans la langue (1911), un chirurgien de bord du nom de François Martin de Vitré avait pu consigner dans un ouvrage les observations faites lors de ses voyages aux Indes orientales. Il attestait que le scorbut pouvait être prévenu et même guéri – non seulement par la consommation de fruits frais et l’absorption de jus frais de citron ou d’orange ou d’infusions d’épine-vinette – mais encore par la consommation de feuilles telles celles de l’oseille et de différents cressons des régions littorales rappelant le cochlearia  ( = le cochléaire officinal, cultivé chaque printemps au JDP). Et le brave François Martin avait raison : la saveur brûlante des cressons était un indice de réelles propriétés antiscorbutiques non scientifiquement expliquées. Le goût très poivré du cresson brésilien de Para – alias brède mafane – fit ainsi son entrée dans l’alimentation des marins au long cours et les petites graines de la plante parcoururent les routes maritimes des mers du Sud, pour y être cultivées et récoltées à l’envi aux escales. Sur la route des épices, les étapes portuaires malgaches étaient évidemment nombreuses et la brède mafane entra ainsi dans la cuisine locale pour y occuper finalement la première place comme légume national.

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Botaniquement, la brède mafane n’est pas classée dans la famille des brassicacées (ou l’on retrouve le cresson d’eau, le cresson alénois et la barbarée …), mais comme le laisse supposer son type de fleur présenté en photo ci-dessus, dans la famille des astéracées.

Son nom scientifique le plus utilisé me semble être Spilanthes oleracea Linné. Mais on rencontre de nombreux synonymes, tels que Acmella oleracea R.K. Jansen, Bidens fervida Lamarck, Bidens oleracea Cavanilles, Pyrethrum spilanthus Medikus

Avec une saveur si poivrée qu’elle suggére un effet analgésique sur le bout de la langue (pensez au poivre de Setchuan), les feuilles – de forme oblongue et aux contours légèrement dentelés, sont portées par des tiges étalées, presque rampantes. Le capitule des fleurs a la forme d’un gros pompon de 1 à 2 cm de diamètre, ce qui confère à la plante une certaine valeur décorative que les amoureux de jardin peuevent apprécier.

En Belgique, la culture de la brède mafane à l’extérieur et en pleine terre est un peu problématique. Cette belle des Tropiques a besoin de beaucoup d’eau et de chaleur, deux conditions qui ne sont pas nécessairement réunies chaque année – en été ! – dans nos potagers. Mais cela vaut néanmoins vraiment la peine d’essayer. C’est une plante de culture rapide, dont la récolte débute chez nous en juillet. (Le temps qui sépare le semis de la consommation n’est que d’environ 60 jours. Il faut prévoir un sol très riche en humus. Un compost pur finement tamisé donne des résultats extraordinaires.)

Crues ou cuites, on peut consommer les feuilles de la brède mafane dans les crudités, les salades, les bouillons, les potages, les sauces et les ragoûts. Les boutons de fleurs non écloses sont très recherchés par les gourmets. Les fleurs fraîchement écloses sont également comestibles. Elles sont chargées de la même saveur poivrée que les feuilles et il convient de les utiliser avec parcimonie dans vos mélanges d’ingrédients.

Une préparation chaude et toute simple de la brède mafane consiste à faire sauter les feuilles dans de l’huile d’arachide en y ajoutant de l’oignon, de l’ail, des tomates ou des ciboules de « lemon grass » (= cymbopogon ou citronnelle thaï). Bel accompagnement pour vos plats de viande et de poissons. Enfin, pour les férus de parfums et de goûts exotiques très accentués, n’hésitez-pas à associer la brède mafane au gingembre. Vous m’en direz des nouvelles !

Bien chlorophyllement complice,

José

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Légume ancien : le CHARDON-MARIE

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Le Chardon-Marie

(Silybum marianum Linné)

(Synonymes : Chardon argenté, Chardon béni, Chardon laiteux )

 

Cette magnifique plante bisannuelle, dont les grosses fleurs mauves peuvent culminer à hauteur d’homme, pousse spontanément dans les garrigues de Provence et du Languedoc, formant des colonies que ses épines redoutables rendent presque impénétrables. Et pourtant, c’est un légume délicieux, dont les jeunes et grandes feuilles, d’un vert brillant marbré de blanc, peuvent être débarrassées de leurs épines d’un simple coup de ciseau. La saveur  rappelle celle du cardon.

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On prépare traditionnellemnt les limbes et les côtes en les faisont revenir à la poêle avec de l’huile d’olive, de l’ail et du thym serpolet. Simple, original et particulièrement sain !

Le chardon-marie est diététiquement intéressant parce qu’il est le seul à produire la silymarine, un complexe unique d’agents remarquables comme épurateurs du foie. La silymarine empêche notamment les poisons (par exemple, ceux contenus dans des champignons toxiques absorbés accidentellement) d’atteindre le foie et favorise le métabolisme cellulaire. Elle prévient les hépatites et la cirrhose. Ce complexe flavonoïde identifié en laboratoire en 1968, explique les vertus hépato-protectrice prêtées au chardon-Marie au moins depuis l'Antiquité grecque et attestées par le Romain Pline l'Ancien. Cette silymarine est présente dans toutes les parties de la plante, mais l'industrie pharmaceutique affirme que ce sont les graines séchées qui en contiennent le plus. En Provence et en Ligurie, ces graines étaient parfois torréfiées. Elles peuvent remplacer avantageusement les pignons de pin.

Les jeunes tiges du chardon-Marie peuvent être cuites et préparées comme des asperges. Quant aux racines de la plante, elles sont charnues, tendres et parfaitement comestibles. Elles se dégustent en ragoût.

Le chardon-Marie est botaniquement très proche de l'artichaut et du cardon. Ses capitules floraux contiennent un coeur et un fond moelleux bien plus fins encore que ceux de l'artichaut, mais généralement beaucoup plus petits. Il faut beaucoup de patience et de courage – aussi une paire de gants! – pour décortiquer les capitules, fortement défendus par des bractées nombreuses armées d'épines acérées. Mais pour le gourmet, la récompense est bien plus élevée que l'effort.

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Paniers de Noël : biscuits à la noix de coco

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Chaque année, un peu avant la Noël, je renoue avec une tradition familiale très appréciée de mes proches et de mes amis. Il s'agit de préparer un assortiment d'une douzaine de petits biscuits-maison différents qui iront garnir les paniers gourmands que j'aime offrir autour de moi en gage d'affection et d'amitié.

Il faut bien le dire, le four ne refroidit pratiquement pas pendant deux semaines, et les parfums de cuisson des biscuits dissipés par la hotte affole même les voisins. Ce sont "mes" petites recettes éprouvées depuis des années auxquels les gourmands qui m'entourent ne résistent pas.

Ces recettes sont consignées dans un vieux cahier auquel je tiens énormément et qui regroupe des secrets culinaires de ma grand-mère, de ces petits "trucs" qui font toute la différence. Quelques gourmandes et gourmands m'ont demandé de publier mes recettes de biscuits. Et pourquoi pas ? Voilà,  c'est parti pour une série de recettes de biscuits qui iront garnir vos paniers gourmands des fêtes.

Ce billet vous propose ma première recette de biscuits – immuable depuis au moins 30 ans – et que je n'enfourne paraît-il jamais en quantité sufissante. C'est un biscuit à la noix de coco, découpé en forme de petit sapin. Le choix de l'emporte-pièce est très important. Selon la forme choisie, la même pâte donnera des résultats sensiblement différents après cuisson.  Les formes plus compactes et fermées rendent des biscuits à la saveur moins fine.

 
Pour vous donner une idée de la quantité de biscuits finis que vous obtiendrez en respectant les quantités ci-après, disons que cela représente les 3/4 du volume d'une boîte à biscuits d'1 kg (marque Delac…).


Ingrédients

120 gr de farine fermentante tamisée
150 gr de maïzena tamisée
125 gr de beurre mou
180 gr de sucre fin S1
200 gr de noix de coco râpée
1 pincée de sel
2 oeufs battus
+ 2 oeufs battus (badigeonnage)

 

Préparation

Versez et mélangez la farine et le maïzena dans une terrine. Fractionnez le beurre et incorporez-le au mélange farine/maïzena. Travaillez-le du bout des doigts.
Ajoutez-y le sucre, la noix de coco, une pincée de sel et 2 oeufs battus. Pétrissez bien, mais pas trop longtemps.
Mettez votre pâte en boule et emballez-la dans un film fraîcheur. Placez la boule au frais pendant une heure.
Abaissez la pâte sur 3 mm d'épaisseur. Découpez des formes à l'emporte-pièce.
Déposez les biscuits sur un tapis en silicone ou plaque recouverte de papier sulfurisé. Badigeonnez chaque biscuit avec de l'oeuf avant d'enfourner.
Préchauffez le four à 220°, enfourner la plaque à mi-hauteur pendant 10 à 12 min (suivant votre four).

Les biscuits sont prêts quand ils sont légèrement dorés.

 

Prochaine recette : Petits coeurs orange/citron

 

Bon appétit,

Anne

 

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Légume-racine en fête : la Capucine tubéreuse

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Les Jardins de Pomone : tous droits réservés

 

Anne vous avait déjà parlé sur ce blog de la capucine et vous en avait proposé une petite recette  bien sympathique et étonnamment tonifiante avec les feuilles, les fleurs et du fromage de chèvre. Il s'agissait bien sûr de la capucine grimpante de Lobb, dont les fleurs, les feuilles et les graines fraîches permettent de réaliser quelques petits délices plein de fraîcheur pour nos assiettes folles de l'été.

Il y a une quinzaine de jours, je voulais vous parler d'une autre espèce de capucine, plus étonnante encore  – et trop méconnue – dont la récolte a lieu vers la fin de l'automne : la capucine tubéreuse (Tropaeolum tuberosum Ruiz & Pavon). J'en ai été empéché et m'en explique plus loin.

Comme la plupart de ses cousines de la famille botanique des tropaeolées, c'est une plante grimpante aux tiges nombreuses et ramées, dont les feuilles isolées sont fixées à  un pédoncule presque central.

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Ce qui distingue la capucine tubéreuse des autres capucines – et plus spécialement de la capucine de Lobb, c'est :

1 – sa taille, qui n'excède pas 150 cm de haut sur ses rames.

2 – ses feuilles, fortement découpées en cinq lobes arrondis

3  – ses fleurs, plus petites et à floraison fort tardive, longuement pétiolées avec un calice rouge aux pétales orangés très lumineuses, qui font penser à une petite flamme.

4 – l'apparition de magnifiques tubercules nacrés dans la masse racinaire des plantes après les grandes marées d'équinoxe du mois de septembre, c'est-à-dire lorsque la durée du jour et la luminosité naturelle diminuent significativement.

 

Il en résulte une récolte très tardive assez étonnante pour une plante aux origines andines (Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie). On considère que les premiers tubercules doivent idéalement être extraits du sol juste après les premières gelées.


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Les Jardins de Pomone : tous droits réservés

 

J'avais voulu vous présenter ce légume à la fin du mois de novembre, lors de la première récolte dans nos potagers. Cette année, le volume des tubercules est particulièrement important et leur saveur extraordinaire. Seule la force majeure d'un accident de santé ayant nécessité mon hospitalisation d'urgence m'en avait empêché. N'en déplaise à quelques-uns que dérange mon franc-parler sur la "malbouffe" et le "buzz marketing" téléguidé de produits alimentaires infâmes sur certains blogs hier encore apparemment "libres" et aujourd'hui "sponsorisés", je suis toujours vivant et je n'ai pas du tout l'intention d'abandonner le combat de la consommation agréable, durable et responsable.  C'est fou, ce que la perspective d'un hypothétique "return" de quelques pièces de monnaie peut transformer certains êtres humains et aveugler leur jugement. Aux autres, si nombreux à m'avoir manifesté le réconfort de leur amitié en ces jours difficiles, j'exprime du plus profond du coeur tout l'attachement et la reconnaissance qui me lient  personnellement à eux.  Chez nous, pas de pub, pas de bluff, pas de falbalas, pas de paillettes, pas de jackpot … et pas de soumission. Heureusement, notre blogosphère "à nous" est  largement majoritaire, indépendante et pleine de spontanéité et de valeurs humaines authentiques aussi variées que la biodiversité.  

Voilà donc le moment de (re)découvrir la capucine tubéreuse en cuisine, et pourquoi pas dans vos menus de fêtes. Outre les feuilles, les fleurs et les graines encore vertes qui se consomment généralement crues – comme celles des autres capucines – on peut consommer d'incomparables tubercules d'une belle couleur blanc nacré striée de reflets violets.

Crus, les tubercules de la capucine tubéreuse ont la saveur piquante – presque poivrée – du cresson, subtilement adoucie par un goût légèrement sucré.

On peut également les consommer cuits comme des pommes de terre. Les saveurs sont alors plus douces et permettent à ce curieux légume de servir d'accompagnement distingué à  vos plats de viandes et même de poissons.

 

Bien cordialement dévoué,

José

 

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Les Jardins de Pomone : tous droits réservés

La BETTE MARITIME : un légume du littoral

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La bette maritime au mois de mai, avant la formation des hampes florales
(Copyright : Les Jardins de Pomone)


La Bette ou Poirée maritime

Il y a quelques années déjà, toujours à la recherche de légumes improbables ou méconnus à cultiver dans notre potager, Anne et moi avions découvert cet étrange légume à deux pas de la dune de Pilat, dans les Landes. En la découvrant, je savais que la bette maritime était considérée comme l'ancêtre botanique probable de la plupart des bettes (ou blettes, ou poirées) et je me suis empressé d'en récolter quelques graines avec l'intention  de la cultiver dans mon terroir brabançon.

 

Comme nous n'avions jamais eu l'occasion d'en manger, mon intention était évidemment de réaliser très rapidement un semis, chez nous en Belgique, dans un emplacement du jardin ou le sol aurait été préparé de la même manière que pour la culture de la salsole soude, de la mertensie (plante au goût d'huître) et du crambé maritime (chou marin). En tout état de cause, nous aurions dû attendre plusieurs mois avant de pouvoir l'utiliser comme ingrédient dans une recette culinaire.


Dune du Pilat (Wikimedia Commons).jpg
La dune du Pyla (ou de Pilat), au sud de la baie d'Arcachon est un site naturel impressionnant. Modulée au gré des vents, elle culmine à plus de 100 mètres face à l'océan, à la sortie de la baie d'Arcachon. Son ascension n'est pas nécessairement une sinécure.

 

L'aspect visuel de la plante nous avait paru assez rude et nous imaginions que la structure devait probablement être fibreuse et coriace. Eh bien non, pas du tout ! Et il ne nous a pas fallu longtemps pour le découvrir. Le soir-même, à la terrasse d'un petit restaurant sur les quais du vieux port de La Rochelle, nous avons pu déguster un plat de poisson préparé avec de la bette maritime. Selon le chef, il s'agissait d'une spécialité de Charente-Maritime préparée avec des joues de lotte enroulées dans de grandes feuilles de bette accompagnées d'un jus de moules de bouchot préparées au vin blanc et à l'échalote.

 

Sans hésiter, notre choix s'est porté sur ce plat de la carte, du reste le seul  annoncé avec de la bette du littoral comme ingrédient. Et le légume nous a plu, vraiment … et la recette encore davantage.

 

Depuis ce souvenir gastronomique, Anne a préparé différents poissons en "habit vert", et à chaque fois, nous avons fort apprécié avec nos invités..


Vieux port de La Rochelle (Wikimedia Commons - Rémy Jouan).JPG
Le vieux port de La Rochelle : sur les quais et dans les rues avoisinantes, une multitude de petits restaurants proposent une cuisine qui conjugue savoir-faire et tradition, principalement avec des plats mettant la marée à l'honneur.
(Photo de Rémi Jouan, sous licence libre Wikimedia Commons)


 

La bette maritime appartient à la famille botanique des chénopodiacées. Son nom scientifique le plus usité est Beta vulgaris subsp. maritima (L.) Arcang. mais elle est décrite aussi sous le nom de Beta perennis (L.) Freyn.

 

C'est une plante vivace dont la taille est assez variable, généralement entre 30 et 80 cm de haut lorsqu'elle a développé ses hampes florales. Un partie des tiges seulement ont un port érigé. Les autres tiges sont souples et courbées vers le sol, sur lequel elles rampent volontiers, pouvant couvrir alors une surface appréciable. Je suppose que ce port singulier permet à la plante de retenir le sable dans lequel elle est enracinée lorsque celui-ci est sec et se laisserait rapidement emporter par le vent.

 

L'aire de répartition de la bette maritime est importante. Elle inclut bien sûr les régions littorales de l'Europe tempérée, de l'Afrique du Nord, de l'Asie occidentale et méridionale. La bette maritime est aussi très présente dans l"archipel de Macaronésie", un terme géographique méconnu qui regroupe génériquement plusieurs autres archipels de l'Océan atlantique (Açores, Canaries, Cap-vert, Madère).

 

En dehors de cette aire, la bette est très rarement adventice. Si elle peut être introduite fortuitement et sporadiquement dans des zones inattendues, elle n'y persistera que peu de temps. C'est cette caractéristique qui désole un peu le jardinier brabançon gourmand que je suis, parce qu'elle limite mes possibililités de cultiver cette bette extraordinaire avec une réelle perennité.


Les fleurs nombreuses de la bette maritime sont très petites et discrètes. Regroupées en épis allongés peu serrés,  elles apparaissent de juin à septembre, pour se transformer en graines de type glomérules. Personne ne semble jamais avoir pensé que lorsqu'elles sont encore vertes et immatures, elles pourraient servir de condiment. Cela vaudrait certainement l'expérience !


Les feuilles de la bette maritime ont une saveur à la fois légèrement acidulée et sucrée, qui nous rappelle que cette sauvageonne est l'ancêtre botanique le plus probable de la betterave sucrière. Au printemps, lorsqu'elles sont jeunes, elles donnent un ingrédient original pleine de douceur pour vos salades. Tendres et fondantes, elles sont très appréciées pour leur goût,  même par la plupart des enfants. Lorsqu'elles deviennent plus âgées et moins tendres, il est préférable de les cuire, par exemple en soupe,  en potée,  "façon épinard", à l'embeurrée, en "purée verte" (génialement bon !) ou de les blanchir avant de les utiliser comme "habit vert" avec le poisson ou en composition de lasagnes au four (cuisson : 35 min. à 180°C.) en alternant les couches de béchamel, de feuilles de bette et de fromage rapé.  Ces mêmes feuilles permettent encore de préparer d'excellentes tartes salées ou sucrées.


La racine principale de la bette maritime est assez charnue pour être consommée. Après 3-4 ans, elle peut même atteindre plusieurs kilos, mais c'est alors un ingrédient assez rude et il vaut mieux la récolter à l'automne de la seconde année. Sa chair est blanche et légèrement sucrée, pour autant qu'elle soit consommée bien fraîche. Soigneusement préparée, c'est alors un ingrédient sublime. (Mais autant vous prévenir, après quelques jours, ce n'est plus bon du tout, pour ne pas dire franchement dégueu … )


Sur le plan des vertus nutritives, la bette maritine est spécialement appréciable pour sa richesse en calcium, en fer, en magnésium, en sodium et en potassium. C'est une bonne source de vitamines A, B1, B2, C et PP. Ses propriétés rafraîchissantes, émollientes et laxatives sont très appréciées; aussi son action antiflammatoire au niveau du système urinaire.  Elle contient de l'iode, utile pour le bon fonctionnement de la thyroïde et de la bétaïne. Cette bétaïne (ou mieux, triméthylglycine) est un composé quarternaire d'ammonium qui régénèrait les cellules du foie et favoriserait le bon métabolisme des matières grasses de notre alimentation.  Cette substance, qui n'est pas a proprement parler un alcaloïde, est fort en vogue dans certains produits phytothérapeutiques promettant le maintien ou le retour d'un "ventre plat". Généralement et simplement bon pour la ligne donc ?!


Votre bien chlorophyllement dévoué,

José

 

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La bette maritime au mois de juillet 2010 dans notre potager "t'Kapelleke" : elle résiste plutôt bien à la sécheresse. Qui croirait que ce fouillis végétal de feuilles, d'hampes florales, de tiges rampantes et enchevêtrées, de glomérules en épis lâches … est un légume qui sort de l'ordinaire et mérite une place d'honneur en gastronomie?
(Copyright : Les Jardins de Pomone)

Je sème et cultive mes légumes : COURS DE JARDINAGE GRATUITS à Bruxelles

Et si on créait plein de petits potagers pour sortir de la "malbouffe" et semer de la biodiversité gourmande?

 

P1080201 Pâtisson blanc

De jeunes pâtissons bien tendres, c'est si rarement disponible dans le commerce et pourtant si facile à faire pousser chez soi, même en ville. Nous vous montrerons comment et vous proposerons des graines et des plants de nombreuses variétés potagères anciennes ou remarquables, toutes naturelles

 

Cours de  jardinage potager gratuits pour tous à Bruxelles

 

NB : Ces cours de jardinage s’adressent plus spécialement aux particuliers qui disposent d’un jardin familial ou un petit lopin de terre et souhaitent y cultiver biologiquement quelques légumes fabuleux généralement disparus à l’étal des verduriers. Dans le contexte de « malbouffe » qui nous enveloppe économiquement de toute part, n’est-ce pas un acte symbolique de liberté que de vouloir produire ou co-produire une part de notre alimentation.

 

A tous nos Membres, Amis et Sympathisants,

Grâce à vous, le succès de nos cours de jardinage potager en 2009 a été si considérable qu'il nous est apparu essentiel de les reconduire. Bonne nouvelle !  Cette année ayant été décrétée Année internationale de la biodiversité, nous avons voulu apporter notre contribution à cette cause en vous proposant ces cours tout a fait GRATUITEMENT et pour tous.

Trois cours théoriques de jardinage potager vous sont dès à présent proposés aux dates suivantes du printemps 2010 :


 


Dimanche 21 mars 2010 de 10:15 à 12:15

Je réussis des semis de printemps extraordinaires

 


Samedi 10 avril 2010 de 10:15 à 12:15

Un mini-potager sur mon balcon

 


Dimanche 18 avril 2010 de 10:15 à 12:15

Je conçois et je gère mon potager familial

 


Un petit jardin familial, une terrasse ou un balcon permettent  – au prix de quelques précautions – de cultiver soi-même plusieurs bons légumes et des plantes aromatiques en milieu urbain. Et ceux qui entreprennent cette démarche contribuent à l'instauration d'un système d'alimentation durable, respectueux de l'environnement dont nous ne pouvons plus nous passer.

 

Nos cours pour débutants – dispensés dans un ambiance toujours très conviviale – se tiendront cette année dans un lieu hautement symbolique pour tous les citadins et banlieusards qui apprécient et recherchent les espaces verts d'exception et la Nature en ville. En effet, nous serons hébergés dans les installations d'une étonnante ferme didactique installée dans la capitale, enclavée parmi d'impressionnants buildings : la Ferme du Parc Maximilien, propriété de la Ville de Bruxelles.

Ferme du Parc Maximilien

21, quai du batelage

1000 Bruxelles

Ferme du parc maximilien

 

Plan d'accés à la Ferme (cliquez ici pour voir la carte)

 

 

La Ferme du Parc Maximilien est non seulement un lieu d’animation dont l’objet est l’éducation à l’environnement et à la nature, mais il est également un parc animalier. Tout au long de l’année, les animateurs accueillent des classes, organisent des stages ou collaborent à des projets socio-culturels avec le quartier Nord. Les responsables ont initié un processus continu « de mise en valeur écologique » du parc : ils ont installé les équipements ad hoc et appliquent des méthodes de gestion qui tendent à réduire l’impact environnemental de la ferme.

Ouverte toute l'année : tous les détails sur le site :

 
Si vous souhaitez être des nôtres, réservez vite votre place en nous adressant un petit mail à  notre  adresse lesjardinsdepomone(at)hotmail.com en indiquant le (ou les) cours de votre choix parmi les trois possibilités :

 
Votre choix de cours : ……………
 
1 = 21/3         2 = 10/4         3 = 18/4
 
TERMINE        COMPLET        COMPLET

Désolés ! Sauf désistements, il n'y a plus  de  places disponibles. Nous prévoyons une seconde session des modules 2 et 3 à l'intention de ceux qui n'ont pas obtenu les places demandées
 
Nom :  ………………………………………………………
Prénom :  …………………………………………………..
Commune : ………………………………………………..
Nombres de personnes vous accompagnant : ………

 
Vous recevrez confirmation de votre réservation par mail. Si vous êtes empêché après avoir réservé votre place, soyez sympa de nous prévenir afin que qu'elle puisse être réattribuée à  temps  à quelqu'un d'autre.
 
 

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La "PUNTARELLA"

Une  chicorée italienne printanière délicieuse de fraîcheur, en provenance directe du potager familial. Cela vous tente ?

 
2007 05 20 022 Ciboulette en fleur

Ciboulette

Toujours de la ciboulette fraîche à portée de la main, quel bonheur ! En avez vous déjà découvert le goût des fleurs … parfaitement comestibles.

P1080268 Laitues

Laitues

Quelques pas suffisent pour vous approvisionner en laitues fraîches et variées pour vos salades

P1070715 Laitue-asperge

Laitue-asperge ou Celtuce

Drôle de laitue ! Ce sont bien moins ses feuilles que l'on consomme  que la grosse tige de sa hampe florale. Cuite à la vapeur, comme une très grosse asperge, c'est un légume fort sain et très savoureux. 


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Oignon perpétuel

L'oignon perpétuel ! Un rien  rocambolesque, il ferait plutôt rire que pleurer, avec sa drôle de manie de faire l'amour en l'air.


P1090098 Haricot Borlotti lamon

Haricot borlotti di Lamon

Après tout, cette belle plante grimpante peut bien prendre la place d'une clématite sur une terrasse ou un balcon. Magnifique floraison en été, et récolte de délicieux grains marbrés au début de l'automne. Le haricot-roi du véritable "minestrone" italien.


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Un courge "ficelle"? Non, une gourde appelée "serpent de Sicile"


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Ficoïde glaciale

Le pourpier, riche en oméga 3, est assurément délicieux dans les salades d'été. Mais la ficoïde glaciale (photo ci-dessus) – qui a les même usages culinaires –  est bien plus extraordinaire encore. Outre l'aspect givré insolite que lui donnent des milliers de minuscules vésicules réparties sur ses feuilles et ses tiges délicieusement croquantes, elle a un petit goût  iodé d'une rare délicatesse. On peut facilement la faire pousser en pot sur un balcon.

 

Bienvenue à tous. Au plaisir de vous rencontrer dès le premier jour du printemps !


Anne & José

Le CRAMBE MARITIME : mon chou chouchou

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S’il est un chou à la saveur particulièrement fine, c’est bien le crambé maritime, plus connu sous les noms – inappropriés – de chou  marin ou chou de mer (en néerlandais : Zeekool ou Meerkool; en anglais : Sea kale). 

C’est un légume très ancien que l’on trouvait jadis à l’état sauvage sur les côtes nord-occidentales et occidentales du littoral européen (de la Finlande au Portugal). Là, le crambé poussait jadis à profusion dans les graviers, les galets et le sable de la zone des embruns, où les femmes et les enfants venaient le récolter pour préparer de délicieux repas.

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Le développement immobilier intensif et anarchique des côtes de l’Europe au profit du tourisme, le prélèvement industriel massif des galets, ont dangereusement menacé l’existence de cet excellent légume (Louis XIV l’appréciait presque exagérément et l’exigeait dans son  royal potager).

En France, j’ai pu l’observer à plusieurs endroits le long de la côte d’Opale, entre les caps Blanc-nez et Gris-nez. Mais c’est devenu – avec raison – une espèce protégée dans de nombreux départements; sa cueillette est interdite. En horticulture, le crambé n’est pas repris dans le très justement contesté, mais toujours contraignant Catalogue officiel français des espèces légumineuses. Depuis 1982, l’ENITHP étudie néanmoins les conditions de réémergence de ce légume dans le commerce, et il est notoire qu’il est cultivé en vue d’observation et d’amélioration à l’Ecole nationale des Techniques Horticoles et du Paysage d’Angers.

Aux Pays-Bas, le crambé – à l’état sauvage – est resté assez répandu en Zélande. Mais j’ai également pu l’observer significativement dans les îles frisonnes d’Ameland et de Texel. (Les insulaires de Texel se construisent d’ailleurs une réputation gourmande par la culture commerciale ce chou acéphale). En Angleterre, il semble que le crambé avait déjà trouvé sa place au potager depuis des siècles et – du XIXème siècle jusqu’à la Seconde guerre mondiale – a même abondamment exporté ce légume vers l’Hexagone.

Aujourd’hui, en France, en Suisse et en Belgique, pour consommer ce légume très fin, il faudra probablement le cultiver soi-même au potager, ce qui n’est finalement pas trop difficile. Il se cultive comme les autres choux, tout en étant moins exigeant.  Mais il faudra penser spécialement à l’arroser de temps à autre avec de l’eau  salée (30-35 gr de sel par litre). Qui tente ?

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La part de Théophraste

Le crambé maritime appartient à la grande famille botanique des brassicacées(ou crucifères). Son nom scientifique est crambe maritima Linné, mais il est aussi décrit sous les synonymes de caulis maritimus E.H.L. Krause, cochlearia maritima Crantz ou encore crucifera maritima E.H.L. Krause. Il est le plus souvent désigné par ses noms vernaculaires: chou marin, chou de mer, …

Contrairement à la plupart des choux – qui ont un cycle bisannuel – le crambé maritime est une plante vivace. Certains l’incluent dans les « légumes perpétuels ». En fait, l’espérance de vie normale de la plante est de 8 à 10 ans.

Il se distingue encore de la plupart des autres choux – à floraison jaune – par ses ravissantes fleurs blanches dégageant un doux parfum de miel. Je vous en reparle plus loin dans ce billet et vous en propose des photos.

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Les belles feuilles éparses, ondulées et dentées sur les bords sont charnues, d’une agréable couleur bleu-vert. Elles sont grandes, bien pétiolées et portées sur les tiges ramifiées de la plante.

Ces tiges, épaisses et dressées, ne sont ligneuses qu’à la base et constituent un mets de choix. Elles peuvent s’élever à 60-70 cm de hauteur.

Les fleurs du crambé maritime apparaissent au printemps. Elles se présentent en corymbe (= inflorescence ou les pédoncules ont des longueurs différentes, mais dont toutes les fleurs sont regroupées dans un même plan).

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Le crambe maritine est une plante hermaphrodite. Sa pollinisation est autogame (= fécondation qui n’implique pas l’apport du pollen d’un autre individu) en entomogame (= mode de reproduction où le pollen est véhiculé par les insectes pollinisateurs).

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Les fruits sont du type silique, d’une forme plutôt inusitées, qui – jeunes – les font ressembler à de petites olives. A maturité, la silique est un fruit sec – presque aussi dur qu’une noisette – constitué par deux valves renfermant une graine unique  de la taille d’un grain de poivre.

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 La part de Lucullus

Et en cuisine ? Sauf les racines et la base ligneuse des tiges, tout se mange dans le crambé maritime : tiges, feuilles, pétioles, fruits verts.  En gastronomie, le haut-de-gamme, ce sont les jeunes tiges étiolées du printemps, qui se préparent à la manière des asperges, cuites pendant environ 12 minutes dans l’eau bouillante salée. Mais la période pendant laquelle on peut consommer ces tiges blanchies sous de hautes cloches de terre cuite est très brève.

Le crambé peut se consommer cru ou cuit. Comme il est très riche en vitamines C – que la cuisson détruit – j’ai personnellement tendance à le préférer cru pour préserver cet apport. Mais j’apprécie cependant les feuilles et les pétioles cuits au jus ou en sauce blanche.

Ce légume du bord de mer est riche en oligo-éléments, parmi lesquels de l’iode, indispensable au bon fonctionnement de la thyroïde. Il contient également un hétéroside soufré – perceptible à l’odorat – qui marque nettement sa saveur. On  attribue aujourd’hui à cette substance un grand pouvoir anticancérigène, ce qui est une propriété tout à fait appréciable.

Une salade de feuilles et de pétioles ciselés est un délice.  Mais ce qui est – à mon avis – le plus extraordinaire dans les salades, ce sont les  fruits encore verts – utilisés comme de petites olives –  et les fleurs. très mellifères. Ce sont des ingrédients d’une délicatesse insoupçonnée qui combinent les saveurs de l’asperge, du chou-fleur et du cardon à petit goût noisetté extrêment subtil.

Votre bien chlorophyllement dévoué,

José

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Crambé-maritime-JDP-08.jpg. L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Crambé-maritime-JDP-09-1.jpg.

    Culture du crambé maritime dans l’île de Texel (Frise)