Biodiversité alimentaire et légumes anciens

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Journée mondiale de la biodiversité

Ce jeudi 22 mai 2008 se tient la Journée internationale de la biodiversité décrétée par l'ONU (FAO). Le thème choisi pour être débattu et illustré cette année est essentiel , "La biodiversité et l'agriculture", qui doit montrer que la diversité biologique peut contribuer à une nourriture saine.

Le monde agricole doit rapidement et majoritairement prendre conscience de la part de responsabililité importante qu'il a pris dans la perte de biodiversité et travailler aujourd'hui solidairement à la respecter, la restaurer et l'entretenir. Il faut tous ensemble, agriculteurs compris, admettre nos erreurs du passé et préserver les espaces vitaux diversifiés pour sauver le plus grand nombre d'espèces animales et végétales de l'extinction .

Cette biodiversité, c'est la garantie silencieuse de survie de l'espèce humaine. Nos méthodes d'agriculture, nos choix alimentaires subséquents, ont une influence sur notre santé; encore faut-il qu'il qu'un véritable choix de produits sains et variés soit disponible pour tous.

Anne et moi croyons – avec nos amis du mouvement mondial SLOW FOOD lancé par le sociologue italien Carlo Petrini – que pour changer favorablement la situation,  les consommateurs doivent sans attendre et de manière croissante favoriser les produits régionaux et écologiques. Ils soutiendraient ainsi la biodiversité, qui leur veut du bien.

Ce mouvement est amorcé et étonnamment chargé d'ampleur citoyenne, d'énergie et d'enthousiasme. Ce n'est cependant pas suffisant, puisque, hélas, on observe encore dans de nombreux pays une intensification des cultures au détriment de la diversité. (Je pleure de rage impuissante quand je vois ce qui ce passe au Brésil et en Argentine… Je fustige les pratiques agricoles de l'Espagne et de la Roumanie … Oui, je sais, ça dérange … mais qui ? Monsanto, Syngenta, Bayer …???)

Les géants agrofinanciers mondiaux – arrogants et impérieux, parce qu'ils prétendent parler au nom de la science – mentent sans vergogne, nous trompent, nous cachent (de plus en plus mal) les enjeux de leurs stratégies et les manipulations planétaires ignobles qu'elles semblent justifier sans état d'âme à leur yeux. "Tenez les bêtes, ils mangeront ce qu'on leur donne au prix qu'on voudra bien leur faire !". (Catéchisme de l'anarcho-libéralisme: recommandation aux chefs d'Etats vassalisés)

NON ! Les consommateurs ne sont pas de moutons de Panurge, ni des esclaves ! Réapproprions-nous notre alimentation, laissée depuis trop longtemps aux mains d'irresponsables cupides.

Vive la biodiversité!

José

Alerte malbouffe: la « NANO », pire encore que les OGM !?

Dans un billet récent intitulé "Manger Nano, ça vous tente ?", j'avais souhaité attirer votre attention sur les nouvelles applications des nanotechnologies dans le domaine alimentaire. A l'origine de l'indignation que je voulais vous faire partager, il y a eu le rapport effrayant publié l'avant- veille (11 mars 2008) par l'organisation écologiste des "Amis de la terre-Europe".

Afin de vous permettre de vous faire votre propre opinion, j'avais relayé l'article bien documenté d'Yvonne Rappo, enseignante spécialisée dans l'étude du commerce de détail et des produits alimentaires. Ceux d'entre vous qui le souhaitent pourront (re)découvrir ces informations en cliquant sur le lien ci-après:

http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5652718/manger-nano-ca-vous-tente

La publication du rapport fait des vagues et embarrasse déjà beaucoup certains milieux politico-financiers, qui craignent un nouvelle fois des mouvements d'opinion susceptibles de contrarier leur programmation unilatérale des enjeux économiques. Parmi les grands manipulateurs internationaux agissant dans ces sphères politico-financières, certains restent encore très traumatisés par les revers imprévus que les consommateurs leur ont infligés à la suite de divers scandales, tels ceux de l' "amiante", du "nuage de Tchernobyl", de la "vache folle" ou différentes affaires liées à la problématique des OGM. (Je pense aux multiples affaires odieuses mettant en cause Monsanto, Syngenta, Bayer, DuPontet leurs sociétés satellites aux quatre coins du monde.) Résolument pas démocrates, ils ont singulièrement la trouille que les décisions qu'ils ont prises en conciliabules secrets et consignées dans des agendas cachés soient une nouvelle fois contrariées, et de perdre (ne serait-ce qu'un temps seulement!) le contrôle de la situation. Ah, les insolents que nous sommes, nous milliards de consommateurs, à vouloir nous réapproprier notre alimentation, parce que quelques poignées de leaders "superfriqués" du secteur agroalimentaire ne méritent pas du tout notre confiance !

Mais revenons aux nanoaliments ! Bien que j'aie généralement horreur de la polémique, je crois sincèrement devoir attirer l'attention du maximum de gens dont la probité morale et intellectuelle ne doit pas être mise en cause (heureusement, la grande majorité des êtres humains!) sur la nouvelle dérive alimentaire qui se met en place. Loin de moi l'idée de rejeter d'emblée et sans nuances la percée scientifique intéressante que constituent les nanotechnologies. Mais je crois socialement de mon devoir de crier haut et fort que l'usage que les grandes marques de l'agroalimentaire voudraient en faire est intolérable et d'agir en conséquence! La volonté occulte et malsaine d'une poignée de "mégamarchands" ne doit pas nécessairement nous servir de raison collective. Nous ne sommes pas des moutons de Panurge, et devons le prouver.

Pendant que nous avons les yeux fixés sur les débats (médiatisés du post-Grenelle) relatifs aux OGM,  pour lesquels une cadre juridique existe, nous consommons déjà – en dehors de tout cadre légal et d'obligation faite au fabricant d'informer le consommateur – des produits alimentaires "nano" dont l'impact sur notre santé pourrait se révéler plus directement dangereux que les OGM eux-mêmes. D'où la question que nous devrions nous poser : ne sommes nous pas en retard d'un combat ? Le débat sur les OGM n'est-il pas plutôt une diversion qu'un véritable débat de fond ? OGM  et NANO = mêmes promoteurs financiers !

Dans cette problématique, je vous propose de relayer un nouvel article, sur lequel j'attends vos réactions avec le plus grand intérêt. Il a été publié hier, 24 mars 2008, sur le site de défense de l'environnement Univers-Nature, et est dû à la plume (ou plus vraisemblablement au clavier!) de Cécile Cassier. Pour retrouver le contexte original, cliquez sur :

 

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3044 

 

La nanotechnologie : face cachée de l’industrie agro-alimentaire

  

Que savons-nous réellement des produits que nous consommons quotidiennement ? C’est la question que soulèvent les récents travaux de l’organisation écologique les « Amis de la Terre Europe ». En effet, un récent rapport, publié par l’association le 11 mars dernier, a révélé la présence de particules nanométriques dans certains aliments, conditionnements et autres produits disponibles en grande surface. Une précédente enquête avait déjà dénoncé l’utilisation de ces matériaux dans les produits cosmétiques.

Concrètement, la nanotechnologie consiste à modifier la matière au niveau de l’atome et des molécules. Couvrant ainsi un vaste champ d’applications, cette science est aujourd’hui mise à profit dans l’ensemble des domaines industriels et technologiques. De nature diverse, elle se décline sous de nombreuses formes telles que le métal, la céramique ou le polymère (1).

Particulièrement appréciée de la grande distribution, elle offre le net avantage de prolonger la vie en rayons des aliments emballés. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’elle participe à la composition d’emballages, de films plastiques alimentaires, de récipients, ou encore de compléments nutritifs. La transformation de la viande recourt elle aussi à la manipulation par nanotechnologie.
La filière alimentaire n’est pas la seule demandeuse de nanomatériaux. Ils foisonnent également dans le secteur agricole, principalement employés pour améliorer les performances des pesticides.
Au final, 104 produits actuellement commercialisés en Europe auraient ainsi été dépistés positifs par l’enquête récemment parue, ces mêmes produits étant vendus à plusieurs centaines d’exemplaires à travers le monde.

Pourtant, bien que ces denrées soient distribuées chaque jour à grande échelle, les experts scientifiques sont toujours dans l’incapacité d’évaluer le taux de toxicité des microtechnologies assimilées. De par leur facilité à pénétrer notre organisme, elles peuvent perturber notre système immunitaire et provoquer des effets pathologiques à long terme. Mais nos connaissances sur la question s’arrêtent là, et on ignore dans quelle mesure une exposition prolongée à ces nanotechnologies serait nuisible pour l’homme.

Expérimental, ce dossier n’a pas pour vocation de lister avec exactitude les risques encourus lors de l’absorption de nanoparticules. Son objectif est d’attirer l’attention des consommateurs sur une incohérence dont les effets pourraient s’avérer néfastes pour la santé. L’autre ambition de ce rapport est de susciter une réaction auprès des dirigeants européens, afin que ceux-ci mettent en place une législation stricte, « basée sur un principe de précaution ».

Cécile Cassier

1- Un polymère est une substance généralement organique ou semi-organique, se caractérisant par une masse moléculaire élevée.

ARROCHE (Atriplex hortensis Linné) (Chénopodiacées)

 

2007 05 20 016_Arroche rouge redimensionne

L'arroche rouge

(Atriplex hortensis Linné)

(Synonymes : Arrode, Belle-Dame, Faux-épinard, Poule-grasse, Érible, Follette …)

 

Comme beaucoup de nos légumes, cette plante annuelle semble originaire d’Asie centrale. Les feuilles des arroches sauvages, telles l’arroche étalée et l’arroche hastée, étaient déjà consommées comme légumes dans l’Antiquité par les Grecs et les Romains. Du Moyen-Age à la fin du XIXème siècle, la culture et la consommation de trois variétés horticoles d’arroche étaient considérables. Ces arroches des jardins sont aisément indentifiables à la couleur de leur feuillage : vert pâle, vert foncé ou rouge pourpré. (Notons que l’arroche rouge, qui doit sa couleur à la présence d’anthocyane, perd sa couleur à la cuisson et apparaît donc verte dans les plats.)

Cru (salades) ou cuit (en soupes, braisés, à l’étouffée …), c’est un légume fort sain, de culture facile, revenant depuis peu à la mode. Les vertus de l’arroche sont :  calmante, laxative, et rafraîchissante. Outre sa teneur intéressante en vitamine C et en carotène, l’arroche contient du calcium, du fer, du magnésium et du phosphore. Elle stimule l’épuration du sang et le drainage des reins et de la vessie. Attention ! Contient un peu d’acide oxalique.