Le GINKGO BILOBA

Un arbre mythique et bienfaisant qui peut vivre 4000 ans …

À l’entrée du parking de la FERME NOS PILIFS – la plus importante entreprise bruxelloise de travail adapté pour l’intégration de travailleurs affectés d’un handicap mental ou physique – pousse un bel arbre atypique qui interpelle nos visiteurs et que mes amis et moi croisons tous les jours. Chargé de symboles, de légendes et de vertus : zoom sur le … GINKGO BILOBA.

La pharmacopée chinoise regorge d’innombrables plantes médicinales dont la réputation a atteint souvent le monde occidental. Consacrées par des traditions parfois vieilles de plusieurs millénaires, un certain nombre d’entre elles se révèlent être aussi aujourd’hui d’un grand intérêt scientifique. Les plus connues en Europe sont le GINSENG (Panax ginseng) et le GINKGO, pour lesquelles la demande est de plus en plus importantes.
C’est spécialement du GINKGO que je veux vous parler ici, notamment parce que ses propriétés médicinales ont pu être plus clairement définies et scientifiquement prouvées que pour d’autres plantes.
Dans l’évolution de la vie végétale – qui s’est amorcé il y a environ 500 millions d’années avec les algues – les GINKGOS sont apparus sur la terre il y a environ 200 millions d’années, à peu près à la même époque que les Conifères.
Si les conifères sont toujours très présents sur la planète aujourd’hui, le sous-embranchement du règne végétal auquel appartiennent les GINGKOS a perdu – au fil des ères géologiques – tous ses représentants. TOUS ? Oui, à une exception près : le GINKGO BILOBA !!!
C’est pourquoi cet arbre remarquable, qui peut vivre plusieurs milliers d’années – mérite sa qualification de « fossile vivant » et suscite la curiosité, voire la dévotion (notamment dans la culture bouddhique).

Bien que le GINGKO BILOBA ressemble à beaucoup d’arbres de la division des Angiospermes à feuilles caduques , il appartient – tout comme ses contemporains les conifères – à la division des Gymnospermes, qui regroupent des plantes dont le mode de reproduction sexuée est beaucoup plus primitif. Ses graines ne sont pas contenues dans un fruit; elles se développent directement à l’air libre, groupées par deux sur leur pédoncule. Leur aspect rappelle celui d’une mirabelle, tant par la forme que par la taille. Mais ce qui ressemble à un fruit est botaniquement une graine simplement protégée par un tégument extérieur charnu et épais, de couleur jaunâtre.

Le GINKGO BILOBA fait partie des plantes dites dioïques, c’est-à-dire que les organes mâles et femelles ne sont pas rassemblés sur un même arbre, mais bien sur deux arbres différents de sexe distinct. S’il est généralement difficile de distinguer les arbres femelles des arbres mâles, cette distinction peut se faire simplement à partir de la période de floraison et pendant la période de maturation des graines. De façon plus subtile, les connaisseurs peuvent aussi observer au printemps que le débourrement des feuilles des arbres mâles précède d’environ deux semaines celui des arbres femelles.
Dans nos régions, il n’est pas rare de rencontrer le GINKGO BILOBA comme arbre d’ornement dans les parcs et domaines; il est majestueux, atypique, particulièrement résistant aux maladies et à la pollution. Mais curieusement, on ne plante pratiquement que des arbres mâles. En effet, les graines des ginkgos femelles sont réputées (à juste raison !) dégager des odeurs forts désagréables.
Dans la pharmacopée traditionnelle chinoise, ce sont les grosses graines écorcées, cuites ou grillées avant d’être conservées dans de l’huile, qui sont utilisées pour combattre des troubles respiratoires tels la toux, l’asthme ou la tuberculose. On leur prête aussi des vertus vermifuges, calmantes et digestives.
En Occident, l’usage médicinal des graines est méconnu. Ici, ce sont les feuilles qui sont spécialement appréciées comme remède. La recherche moderne a pu identifier dans celles-ci la présence d’une soixantaine de produits actifs, parmi lesquels des flavonoïdes, précieuses substances antioxydantes responsables de la pigmentation des végétaux. Les extraits de feuilles sont utilisés pour combattre les troubles de la circulation sanguine, notamment au niveau du cerveau et des jambes.
Grâce à des études approfondies et des tests nécessitant un appareillage coûteux, l’efficacité de ces extraits a pu être scientifiquement démontrée, même si le mécanisme d’action reste encore insuffisamment expliqué.

Le GINKGO : quelques valeurs symboliques

En dehors de la botanique et de la médecine, le GINGKO fait aussi l’objet de vénération pour ses valeurs symboliques.
La forme atypique de sa feuille a capté depuis longtemps l’attention des penseurs – mystiques et philosophes – qui y voient le symbole idéal d’un concept : « L’unité dans la dualité » !
Sa longévité exceptionnelle peut symboliser la survie et la rédemption dans les épreuves qui opposent les hommes aux hommes et aux forces de la Nature. Les Tibétains l’appelle « Arbre de vie » et veillent à l’entretenir à proximité de leurs temples bouddhistes. Les Japonais le vénère depuis des siècles comme un symbole de renaissance quasi miraculeux. Et ce symbole s’est renforcé encore dans le cœur du peuple nippon, lorsqu’à la fin de la seconde Guerre mondiale, le 6 août 1945, un avion américain largue une bombe atomique sur la ville d’Hiroshima : un désastre sans précédent ! Au moins 70 000 civils périssent atrocement; tout est calciné, la moindre végétation comprise.
A quelques centaines de mètres de l’épicentre, le GINKGO BILOBA sacré qui pousse dans le jardin du temple d’Housenbou depuis 150 ans au moins est lui aussi totalement brûlé et détruit. Présage funeste d’une fin irréversible ? Non ! Quelques mois plus tard, alors que le site est toujours totalement irradié et déserté de toute forme de vie, un tout petit arbre frêle apparaît soudain dans la souche du ginkgo sacré du temple. Et il est le tout premier signe de vie et d’espoir qui réapparaîtra à Hiroshima, en parfaite santé d’ailleurs …